6/19/2013

Mon travail au laboratoire sur les cellules solaires organiques

"La porte veut s'ouvrir. Tout le reste n'est que de la technique."

Neverwhere (cité de mémoire)

Je travaille actuellement dans un laboratoire. Notre groupe fait des recherches sur les cellules solaires organiques.

J'aimerais vous en dire beaucoup sur ce qu'on fait, arriver à vous expliquer...

Disons que la motivation première du truc, c'est cette putain de saloperie d'épuisement des ressources, pétrole, gaz souterrain, charbon ou uranium, les maladies causées par l'air vicié ou encore le thorium radioactif, le prix qu'on paye pour l'électricité, le fait qu'on est des milliards à avoir le droit à l'électricité, ce putain de spectre d'une horreur humaine qui n'est pas encore survenue mais arrivera si on continue comme avant : la crise énergétique.

Dans notre laboratoire, nous voulons produire des panneaux solaires en molécules organiques. Ce seraient de vastes films plastiques, fins et flexibles, qui auraient la propriété subtile de transformer la lumière qui nous vient du Soleil en une électricité domestique, avec laquelle on fait tout ce qu'on veut, le tout sans un bruit, sans un rejet d'effluve toxique.

Et puis aussi, il y aurait des usines dans lesquelles on fabriquerait ces "bestioles" à toute vitesse avec de grands rouleaux, comme une imprimerie, vlan vlan vlan.

Ça, c'est la version optimiste.

Car ce qui est triste dans notre équipe, c'est que la plupart des gens ne savent pas ce qu'ils veulent.

C'est un peu comme si leur vie au labo n'avait aucun sens. Fabriquer des échantillons à longueur de semaine, en suivant la recette de notre wiki, en variant un peu, à peine. Et puis c'est surtout des jeunes, sans poste fixe, ils doivent s'inquiéter pour leur avenir professionnel en plus de ça.

L'ambiance n'y est pas mauvaise. Nous sommes très tolérants les uns des autres, mêmes sympathiques.

En revanche, nous ne nous critiquons quasiment jamais.
Ils ont pas la niaque.

J'aimerais leur donner une raison de chercher... Un sens à tout ça.

Toutes ces cellules à 2 %...

J'ai commencé à créer un logo. Il s'agit d'un idéal.

Il s'appelle SARCE : Sufficient, Affordable, Renewable and Clean Electricity.

Certaines personnes parlent déjà de SARCE. Ils appellent ça "la solution".

La solution va bientôt avoir un nom...

J'ai commencé à faire ça avec Inkscape, un logiciel de graphisme qui produit des dessins NON PIXELLISÉS. C'est pratique quand on veut que le truc soit reproduit en masse.
Et puis j'aime pas les dessins pixellisés :-( .

Dans notre équipe de recherche, nous avons de la chance d'avoir un boss qui se prend pas la tête avec ses "responsabilités", et qui en même temps, connait bien la physique-chimie et explique bien les choses.
Lui, il sait pourquoi on est là.

J'ai bien évidemment pensé à ouvrir ma gueule, et je me dis que le plus efficace reste encore de susciter l'espoir.

J'étais censé réviser les examens de ma fac ce soir, mais toute cette rage, non exprimée, de voir si peu d'ingéniosité dans nos travaux alors que devrions en être éclatants, et triompher, toute cette frustration m'a forcé à dessiner.
Il fallait que je touche à Inkscape, que je travaille ce putain de vecteur d'espoir, car dans ce silence, dans cette inaction, ma santé mentale en pâtit grave.
Je ne veux pas agir en contradiction avec ma conscience.

Comment peut-on faire un bon plat si on ne fait que des variantes minimes d'une recette qui, à l'évidence, est mauvaise ? Ben on peut pas.
Ceci se transpose complètement à nos cellules à 2 %.

... je pense que nous ne travaillons pas assez sur le design. Réfléchir à quoi devrait ressembler cette putain de cellule solaire qui sortira des rouleaux.
Penser la cellule solaire, et penser bien.

Je réalise aussi que nous connaissons très mal les matériaux qui existent de par le monde. Vous connaissez des chefs cuistots qui connaissent mal les ingrédients ?

Ce qui me plait, c'est que notre équipe est certainement perfectible. Nous avons des gens intelligents, plus le temps passe et plus je me rends compte qu'ils sont nombreux.

Le jour où l'espoir triomphera sur nos petites inquiétudes, je pense qu'on sera en train de faire plus que de chercher.

6/07/2013

Un pendule pour passer du droit au courbe (on essaye, hein)

J'en ai marre de faire de la mécanique théorique... -_-

Je vais aller acheter des meccano et mesurer les forces rotatoires, ou "torque", comme disent les anglophones...

S'il y a bien une chose que je crains comme la peste, c'est de faire autant de spéculation dans ma démarche que les théoriciens des cordes, ou du même genre, que je dénigre.

Puis faudra que je clarifie des trucs, dans ma tête. Qu'est-ce que c'est que l'information, que veut dire "le photon est le vecteur de la force électromagnétique". Et puis connaitre le théorème de Noether par coeur.

6/01/2013

Vive les espaces !

Dans mes joies de travail intellectuel, je me suis trouvé à titiller plusieurs trucs qui ressemblent à des espaces :

- l'espace 3D linéaire, celui qu'on connait bien (endroit) ;
- l'espace écologique (niche écologique) ;
- l'espace économique (échange de A à B) ;
- l'espace énergétique (flux d'utiles ou dommageables) ;
- l'espace psychologique (activation d'une zone psychique) ;
- l'espace "quantique" (fonction d'onde) ;
- l'espace curviligne (force rotatoire, impulsion rotatoire).

Ca commence à faire pas mal...

Faudrait vraiment tamiser. Parmi ces espaces, y en a qui sont plus ou moins proches de l'espace classique (le premier hein, 3D, etc).

J'arrive même pas à voir où sont les dimensions dans l'espace psychologique.
Par contre, je sais qu'il y a des zones à éviter, là dedans, comme la zone "avoir la grosse tête" ou encore la zone "déprimer".

J'ai tellement d'idées géniales, je me demande si je vais pas les rendre un peu plus publiques, en fin de compte.

5/26/2013

L'anesthésie n'est pas loin

Je suis à l'hôtel, et ça fait des jours que je vois un homme qui me fait pitié.

Il est tout le temps au lit, le jour, la nuit, il a des écouteurs dans les oreilles, reliés au téléphone portable, relié au chargeur, relié à la prise de courant juste à côté.
Le mec il bouge pas. Il reste là toute la journée, à de très rares exceptions. Il manque plus que la perfusion, et il pourrait passer toute sa vie dans un lit jusqu'au trépas.

Il n'avait même pas honte de l'état dans lequel il était.

... je ne voulais pas le laisser dans cet état-là. Je pouvais lui expliquer calmement, lui expliquer qu'il faut profiter des choses, qu'il y a une ville à visiter, des restaurants asiatiques, italiens, des gens à rencontrer.

Même avec des arguments rationnels, je pense que cela ne l'aurait pas fait bouger d'un poil, tellement il était inerte.

Alors j'ai cherché à créer la honte en lui. Qu'au moins, il ait ce surmoi, ces pensées du style "Je fais vraiment de la merde...", "Ca va pas de faire ça !", que visiblement personne n'a encore mis en lui.

Donc pour une fois, j'ai opté pour un ton énervé.

"Du musst nicht so viel schlaffen !", tu ne dois pas autant dormir, que je lui crié.

-Bist du krank ?
-Nein.
-Pfff. Doch, du bist krank.

En français :

-Est-ce que tu es malade ?
-Non.
-Pfff. Si, t'es complètement malade.

Le tout avec une intonation contenant énormément de mépris et beaucoup d'insulte.

Quoi, vous pensez vraiment qu'on peut réveiller des breloques pareilles en leur parlant calmement ? Il fallait bien utiliser la méthode forte !

Le gars a eu droit à un "You're dead." extrêmement méprisant.

Sans déconner, quoi, passer quasi 24h sur 24 à dormir... J'appelle pas ça vivre.

Après mes petits cris créateurs de surmoi (j'espère), il y a eu une bonne vieille scène comme j'en ai connu (j'en ai connu...) à l'école, où on se fait réprimander par le professeur/surveillant/CPE/principal/..., suite à la dénonciation d'un parfait inconnu.

Ce qui s'est passé, c'est qu'une des gérantes de l'hôtel m'a reproché d'avoir crié sur cet homme, en me disant que cette nuit pour moi ça allait, mais qu'elle n'était pas sûre que j'aie à être dans cet hôtel (c'est vraiment très soft, comme menace).

Donc :

- on laisse la liberté aux gens de se comporter comme des morts-vivants à passer leurs journées (disons 23h/24) au lit ;
- on ne laisse pas la liberté aux gens de crier, y compris lorsqu'il s'agit de réveiller les pauvres malheureux sus-cités.

Je suis remonté dans le dortoir, y a eu un petit signe de réveil : l'alité a esquissé un geste de poing serré à mon adresse.

Putain... je savais pas que ça existait pour de vrai, des gens comme ça :-( .

Entre autres de mes péripéties à Freiburg, il y a aussi, la traductrice aux yeux de nouveau-né, le sac hanté, le sectaire laveur de cerveaux, la tentation du hamburger, la poubelle aux vapeurs toxiques, la main aux longs ongles vernis...

5/23/2013

Freiburg, les bonnes nouvelles !


Je suis à Freiburg, et il y a des bonnes nouvelles !



Je pense que la liste va être longue...

+ Les boulangeries pâtisseries sont très bon marché, diversité et qualité !
+ IL Y A UN BURGER KING !
+ Le bonhomme feu rouge n'est pas un mur.
+ L'enseigne EDEKA vend de la bonne nourriture pas très cher, c'est très varié et ça n'a rien à envier aux équivalents français ! (Même pour le fromage, j'ai réalisé aujourd'hui...)
+ Les Fribourgeoises ont les cheveux très longs, jusqu'à la poitrine.
+ Les Fribourgeoises ont des gros seins. Tu fais 10 mètres, t'en vois une avec un bonnet D (je schématise pour les 10 mètres).
+ Même les vieilles sont belles. (Enfin, certaines.)
+ Ici, tout le monde s'embrasse, se tient la main, fait une petite tape sur les fesses en public, jeunes, vieux, hétéros, homos...
+ Ici, on voit très souvent des gens avec un bouquet de fleurs à la main, c'est marrant, non ?
+ Le caca a la même odeur qu'en France.
+ Les gens d'ici sont tellement à l'aise avec l'anglais que quand on est étranger et qu'on pige pas bien l'allemand, ils peuvent se mettre à parler anglais entre eux exprès pour qu'on comprenne.
+ Les gens d'ici sont très gentils. Non, vraiment.
+ Les panneaux solaires sont presque partout, les gens les étalent généreusement sur leurs toits.
+ Y a plein d'arbres, plein de plantes. Super, ça fait des logements pour les écureuils, les fourmis, les corbeaux, les mésanges... Un beau paquet de monde.
+ Les oiseaux n'ont pas très peur des humains. On peut passer à 30 cm d'un pigeon, en se faisant remarquer, sans que le pigeon ne bondisse ni ne s'envole.
+ Mon maitre de stage est un génie !
+ Y a pas beaucoup de voitures qui circulent, dans cette ville. Pô besoin, de toute façon.
+ Il y a plein de vélos ! En plus du tramway, du bus.
+ Les Fribourgeoises sont trop sexy. Entre celles qui ont des hanches généreuses, celles qui ont des cuisses fournies, celles ont des teintures rigolotes (ou des rastas blondes avec les yeux bleus), celles qui ont le charme de marcher pieds nus, celles qui portent des jupes, celles qui sourient, décidemment, il y a un sens de l'esthétique dans l'air, par ici. Et puis chez les mecs, y en a qui s'habillent en pirate :-) .
+ Le Soleil, c'est la star.

Bon, je crois que je vais m'arrêter là, je crois que j'ai atteint un bon taux de CALM (Connerie A La Minute), faut savoir s'arrêter, avec ces trucs-là.

De toute façon...